Les citations en sauvetage 2026
30 Oct 2026
Remises lors du Banquet du Forum annuel le 11 septembre 2026
Chaque année, à l’occasion du banquet de son Forum annuel, la Société de sauvetage rend hommage à des personnes qui, par leur courage, leur sang-froid et leur détermination, ont contribué à sauver des vies.
Au cours de la dernière année, des personnes formées en sauvetage, mais aussi des citoyen.nes qui ont su réagir rapidement face à une situation d’urgence, ont posé des gestes remarquables qui méritent d’être reconnus.
Ce soir, c’est avec une profonde reconnaissance que la Société de sauvetage souligne ces actes de bravoure et rend hommage aux personnes qui ont fait la différence lors des sauvetages survenus entre 2025 et 2026.
Un moment pour célébrer leur courage, leur engagement et, surtout, les vies qu’elles ont contribué à sauver.
Chloé Bouchard
Cégep de la Gaspésie et des Îles
Tout commence par une question toute simple : « Ça va? As-tu besoin d’aide? »
Quelques instants plus tard, Chloé entre dans la classe et comprend immédiatement que quelque chose ne va pas. Une jeune fille est en détresse. Son état se détériore rapidement, puis elle perd connaissance.
Chloé l’allonge au sol et commence à l’évaluer. Autour d’elle, la tension monte. Plusieurs personnes sont présentes, certaines figées par ce qui se passe. Chloé comprend qu’elle doit créer de l’espace et reprendre le contrôle de la situation.
Elle demande aux personnes qui ne peuvent pas aider de sortir dans le corridor. Le 9-1-1 est appelé et le matériel de premiers soins est apporté. Le DEA est installé. Pendant quelques instants, Chloé se prépare au pire. Puis, soudainement, la jeune fille ouvre les yeux. Un soulagement, mais de courte durée.
Elle commence à convulser. Son corps se crispe, ses extrémités changent de couleur et son pouls est très faible. Elle reprend conscience, puis son état change de nouveau. Chloé doit constamment réévaluer la situation et s’adapter. Et l’ambulance n’arrive toujours pas.
Les minutes semblent interminables. Malgré la peur et l’agitation autour d’elle, Chloé reste auprès de la jeune fille. Elle surveille son état, lui parle et demeure prête à intervenir jusqu’à l’arrivée des paramédics.
Lorsqu’ils franchissent enfin la porte, Chloé leur explique ce qui s’est passé et leur transmet les informations nécessaires. La jeune fille quitte finalement l’école consciente et prise en charge. Mais pour Chloé, l’intervention n’est pas tout à fait terminée. Dans le corridor, des élèves et des membres du personnel viennent d’assister à une scène particulièrement éprouvante. Certains ont eu peur. D’autres sont encore sous le choc. Alors, Chloé prend le temps d’aller les retrouver.
Elle leur explique que la jeune fille était consciente lorsqu’elle est partie avec les paramédics. Elle les rassure aussi sur ce qu’ils viennent de vivre : oui, la scène était impressionnante et déstabilisante, mais elle a été prise en charge et elle allait bien au moment de son départ. Ce jour-là, Chloé n’a pas seulement porté secours à une jeune fille.
Une fois l’urgence passée, elle a aussi eu le réflexe de prendre soin de toutes les personnes que cette intervention avait ébranlées.
Denis Hamel
Complexe aquatique de Varennes
Ce jour-là, tout semble se dérouler normalement à la piscine. Puis, au moment d’un changement de rotation, une inquiétude surgit : un baigneur qui se trouvait dans le bassin quelques instants plus tôt n’est plus visible. Denis réagit immédiatement.
Il se dirige vers l’endroit où il croit l’avoir vu pour la dernière fois. En regardant dans la partie profonde de la piscine, il l’aperçoit : l’homme est immobile, au fond du bassin. Denis n’hésite pas. Il plonge et descend jusqu’à lui. Il le saisit et entreprend immédiatement sa remontée vers la surface.
Une fois arrivé au bord, il demande de l’aide pour sortir complètement l’homme de l’eau. Il soutient sa tête, l’installe au sol et procède rapidement à son évaluation. La situation est critique. Denis commence les manœuvres de réanimation. Autour de lui, l’équipe se mobilise. Le matériel est apporté, les services d’urgence sont contactés et chacun tente de contribuer à l’intervention.
Denis, lui, reste concentré sur l’homme devant lui. Il poursuit les compressions thoraciques et les manœuvres nécessaires, avec un seul objectif : lui donner toutes les chances de s’en sortir. Puis, après ces longues secondes où chaque geste compte, l’état de l’homme commence à évoluer. Il reprend éventuellement suffisamment conscience pour communiquer avec les personnes qui l’entourent.
Denis en profite pour recueillir le plus d’informations possible sur son état de santé, ses antécédents et les médicaments qu’il prend. Ces renseignements pourront être transmis aux professionnels de la santé pour les aider à comprendre ce qui vient de se produire. L’homme est finalement pris en charge et transporté à l’hôpital, où il demeure sous observation. Ce jour-là, tout a commencé par un simple constat : quelqu’un manquait à l’appel.
Denis aurait pu perdre de précieuses secondes à se demander où l’homme était passé. Il a plutôt vérifié, l’a aperçu au fond du bassin et est intervenu immédiatement. Quelques secondes, un regard au bon endroit et une réaction sans hésitation : parfois, c’est exactement ce qui fait toute la différence.
Amélie Longpré
Rivière Saint-François
Ce jour-là, Amélie profite simplement d’une sortie en famille sur l’eau, en planche à pagaie. Un peu plus tôt, la famille avait remarqué un homme âgé qui naviguait seul en kayak. Lorsque le garçon de 12 ans d’Amélie aperçoit un kayak retourné au loin, elle fait rapidement le lien : il pourrait s’agir du même homme. Sans hésiter, Amélie se dirige vers lui avec sa planche à pagaie.
D’autres plaisanciers sont déjà à proximité et tentent de lui venir en aide, mais disposent de peu d’équipement. Amélie s’approche et cherche d’abord à comprendre dans quel état se trouve le kayakiste. L’homme est calme, mais parle très peu. Difficile de savoir s’il est simplement peu bavard ou s’il commence à manquer d’énergie. Puis, certains signes ne trompent plus : il cherche constamment quelque chose à quoi s’agripper et semble de plus en plus épuisé.
Amélie comprend que la situation devient sérieuse. Une veste de sauvetage est récupérée dans son kayak et l’homme réussit à l’enfiler. Malgré tout, il retourne à l’eau. Cette fois, Amélie le voit trembler. Son menton commence même à s’enfoncer sous la surface. Il faut agir, et rapidement.
Amélie garde un contact visuel avec lui. Elle lui parle, le rassure et lui explique comment monter sur sa planche à pagaie. Avec l’aide des personnes présentes, elle réussit finalement à le sortir de l’eau et à l’installer sur la planche.
Mais le danger n’est pas encore écarté. L’homme est épuisé et son état pourrait se détériorer. Amélie sait qu’elle a besoin d’aide pour le ramener en sécurité. Elle aperçoit alors un bateau un peu plus loin. Elle utilise le sifflet fixé à sa veste et souffle à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’embarcation se dirige vers eux. Avec l’aide des personnes présentes, Amélie organise la suite de l’intervention afin que l’homme puisse être ramené vers un endroit sécuritaire. Finalement, le kayakiste est ramené sain et sauf.
Ce jour-là, Amélie était simplement partie profiter de l’eau avec sa famille. Mais lorsqu’elle a vu un homme en difficulté, ses réflexes ont pris le dessus. Elle a observé, reconnu les signes d’épuisement et, surtout, elle a agi au moment où cet homme n’avait peut-être plus l’énergie de se sauver lui-même.
Chloé Bouchard
Pavillon des sports Marcel-Bujold
Ce jour-là, Chloé remarque qu’un petit garçon d’environ 10 ans ne semble pas bien. Assis sur un banc, il se plaint notamment d’une douleur à la poitrine. Il est conscient et capable de parler, mais son état l’inquiète et il semble de plus en plus fatigué.
Chloé reste attentive à son état pendant que les autres sauveteurs assurent la surveillance de la piscine. À un certain moment, le garçon se rend aux toilettes. À son retour, elle l’installe sur un banc pour qu’il puisse se reposer. Mais sa fatigue augmente et ses symptômes persistent.
Devant l’évolution de la situation, Chloé demande qu’on apporte le défibrillateur externe automatisé, le DEA, et communique avec le 9-1-1. Le DEA est installé, mais aucune décharge n’est recommandée. Le garçon demeure conscient et continue de leur parler. À un moment, il dit à son père qu’il est fatigué et qu’il veut dormir.
L’attente des services ambulanciers est particulièrement longue. Près de 45 minutes s’écoulent avant leur arrivée. Pendant tout ce temps, Chloé reste auprès du garçon et veille sur son état. Lorsque l’ambulance arrive enfin, le jeune est pris en charge et transporté vers l’hôpital. Mais pour Chloé, l’intervention ne s’arrête pas là.
Ce soir-là, elle attend des nouvelles. On lui avait dit qu’elle en recevrait. Les heures passent, sans réponse. Finalement, elle écrit elle-même pour savoir comment va le garçon. La nouvelle tombe : il est décédé.
Chloé raconte qu’à cet instant, tout devient blanc dans sa tête. Sa première pensée est : « C’est de ma faute. J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas. » Pourtant, Chloé avait fait tout ce qu’elle pouvait. Elle avait reconnu que quelque chose n’allait pas, demandé du renfort, utilisé les ressources disponibles, appelé les services d’urgence et accompagné le garçon jusqu’à l’arrivée des paramédics.
Les formations préparent les sauveteurs à reconnaître une urgence et à intervenir. Mais elles peuvent difficilement préparer à ce qui vient après : l’attente, les questions, le doute et, parfois, l’annonce qu’une vie n’a pas pu être sauvée. L’histoire de Chloé rappelle que derrière chaque intervention se trouve aussi une personne qui peut être profondément marquée par ce qu’elle vient de vivre.
L'Équipe de surveillance aquatique
Complexe aquatique de la ville de Sept-Îles
L’intervention survient au moment d’un changement de rotation à la piscine. C’est alors que Benjamin remarque un homme au fond de l’eau, dans la partie profonde du bassin. Sa position est inhabituelle et il ne semble plus réagir. Benjamin comprend immédiatement que quelque chose ne va pas.
Il plonge et se rend jusqu’à lui. Une fois au fond, il le saisit et entreprend de le remonter vers la surface. L’homme est inconscient et doit être entièrement soutenu. Arrivé à la surface, Benjamin attire l’attention de ses collègues. Marie Sirois et Marc-Olivier Girard se joignent rapidement à l’intervention et l’équipe réussit à sortir l’homme de l’eau.
Une fois la victime sur le bord de la piscine, son état est immédiatement évalué. L’homme ne réagit pas et les manœuvres de réanimation sont entreprises. Pendant que Benjamin, Marie et Marc-Olivier se coordonnent pour lui porter secours, le matériel nécessaire est apporté et les services d’urgence sont contactés.
Peu à peu, l’état de l’homme évolue. Lorsqu’il reprend suffisamment conscience pour communiquer, l’équipe tente de comprendre ce qui a pu provoquer son malaise. Des questions lui sont posées sur son état de santé et sur les médicaments qu’il prend afin de transmettre le plus d’informations possible aux services d’urgence.
Tout au long de l’intervention, Benjamin, Marie et Marc-Olivier continuent de surveiller attentivement son état jusqu’à l’arrivée des paramédics. L’homme est finalement pris en charge et transporté afin de recevoir les soins nécessaires. Il demeure par la suite sous observation.
Quelques instants auparavant, rien ne laissait nécessairement présager qu’une intervention majeure serait nécessaire.
La vigilance de Benjamin lui a permis de remarquer l’homme au fond du bassin et de reconnaître immédiatement l’urgence. À partir de cet instant, la rapidité d’intervention et le travail d’équipe de Benjamin, Marie et Marc-Olivier ont permis d’assurer une prise en charge rapide de la victime, de sa remontée à la surface jusqu’à l’arrivée des services d’urgence.
Des gestes qui font la différence
Chaque sauvetage raconte une histoire de courage, de solidarité et de présence d’esprit. Les interventions reconnues témoignent de l’importance d’agir rapidement et efficacement lorsqu’une vie est en danger.
Qu’elles aient été réalisées par des personnes formées en sauvetage ou par des citoyen.nes, ces actions remarquables ont permis de sauver des vies et de faire une réelle différence pour les personnes secourues et leurs proches.
La Société de sauvetage tient à exprimer sa profonde reconnaissance à toutes les personnes honorées pour leur courage, leur détermination et leur engagement.
Ces gestes de bravoure rappellent que chaque personne peut jouer un rôle dans la prévention des noyades et la protection de la vie humaine. Ils constituent une source d’inspiration et soulignent l’importance de développer une culture de prévention, de vigilance et d'entraide au sein de nos communautés.