L'auto-sauvetage

autosauvetageUne chute à travers la glace peut survenir rapidement, même lorsque des précautions ont été prises. Dans l’eau froide, les premières réactions du corps peuvent affecter la respiration, les mouvements et la capacité à sortir de l’eau. Connaître les principes de l’auto-sauvetage avant qu’un incident survienne peut faire toute la différence.

Le premier danger associé à une immersion en eau froide n’est pas nécessairement l’hypothermie. Le choc dû au froid et la perte progressive des capacités physiques peuvent compromettre la capacité à se maintenir à la surface et à sortir de l’eau bien avant qu’une hypothermie importante ne s’installe.

Le principe

Le principe « 1 minute – 10 minutes – 1 heure » constitue un moyen simple de comprendre les principales étapes d’une immersion en eau froide :

  1 minute : contrôler la respiration
  10 minutes : utiliser les capacités physiques pour tenter de sortir de l’eau
  1 heure : l’hypothermie peut progressivement entraîner une perte de conscience

Ces durées sont des repères généraux et non des garanties de survie. Les réactions et le temps disponible peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre et selon les conditions.

Lors d’une chute soudaine dans l’eau froide, le corps peut réagir par une inspiration involontaire suivie d’une respiration rapide et difficile à contrôler. Cette réaction, appelée choc dû au froid, augmente le risque d’aspirer de l’eau et de paniquer.

La priorité consiste à garder la tête hors de l’eau et à reprendre progressivement le contrôle de la respiration.

Éviter de se débattre inutilement ou de tenter immédiatement des mouvements désordonnés. Lorsque la respiration devient plus contrôlée, il est possible de se concentrer sur la sortie de l’eau.

Le port d’un VFI ou d’un vêtement de flottaison adapté constitue une protection importante puisqu’il aide à maintenir les voies respiratoires hors de l’eau pendant cette première phase.

Le refroidissement des muscles et des nerfs entraîne progressivement une perte de force et de coordination. Les mains deviennent moins habiles et les bras et les jambes perdent graduellement leur efficacité. La capacité à nager peut également être compromise.

Lorsque la respiration est maîtrisée, l’auto-sauvetage devrait être entrepris dès que possible.

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Revenir vers la glace qui supportait le poids
Lorsque cela est possible, revenir vers le côté du trou d’où provenait le déplacement. Cette portion de glace supportait le poids avant la chute et peut offrir une meilleure possibilité de sortie.
Placer les bras sur la glace et tenter de maintenir le haut du corps à la surface.

 

 

 

 

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Se placer à l’horizontale
Donner des coups de pied afin de ramener le corps en position horizontale, près de la surface de l’eau.
Cette position facilite la sortie et évite de pousser verticalement sur le rebord de la glace.
Donner des coups de pied et tirer
Continuer à donner des coups de pied tout en utilisant les bras pour se hisser progressivement sur la glace.
Des pics à glace portés dans un endroit facilement accessible peuvent offrir une meilleure prise sur une surface glissante.

 

 

 

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S’éloigner du trou sans se relever
Une fois le corps sorti de l’eau, éviter de se mettre immédiatement debout.
Rouler ou ramper en s’éloignant du trou afin de répartir le poids sur une plus grande surface. Continuer dans la direction d’où provenait le déplacement jusqu’à atteindre une surface plus sûre ou la rive.

Cette technique de sortie — position horizontale, coups de pied, traction puis déplacement en rampant ou en roulant — correspond également aux recommandations fédérales en matière d’auto-sauvetage sur la glace.
Si sortir de l’eau est impossible

 

 

Lorsque les tentatives d’auto-sauvetage ne fonctionnent plus, conserver son énergie devient prioritaire.
Appeler à l’aide et tenter de maintenir les voies respiratoires hors de l’eau. S’appuyer sur le rebord de la glace lorsque cela est possible.

Éviter de nager sans objectif précis ou simplement pour tenter de se réchauffer. Les mouvements augmentent la perte de chaleur et consomment une énergie précieuse. Transports Canada recommande de nager seulement lorsqu’il est réaliste d’atteindre une personne, un objet flottant ou un endroit sécuritaire.

Les vêtements devraient demeurer en place pendant l’immersion puisqu’ils peuvent contribuer à ralentir la perte de chaleur. Un VFI permet également de conserver de l’énergie en réduisant l’effort nécessaire pour maintenir la tête hors de l’eau.

L’hypothermie survient lorsque la température interne du corps descend sous 35 °C. Elle peut notamment entraîner des frissons, une diminution de la coordination, de la confusion, de la somnolence et éventuellement une perte de conscience.

Le repère d’une heure signifie qu’une perte de conscience causée par l’hypothermie peut prendre environ une heure, même dans une eau très froide. Il ne signifie toutefois pas qu’une personne dispose nécessairement d’une heure avant d’être en danger.

La noyade causée par le choc dû au froid ou la perte des capacités physiques peut survenir beaucoup plus tôt.

Une fois sorti de l’eau

Sortir de l’eau ne signifie pas que le danger est terminé. Le corps peut continuer à perdre de la chaleur, particulièrement lorsque les vêtements sont mouillés et que la personne demeure exposée au vent et au froid.

Après une immersion :

  Rejoindre un endroit abrité et sécuritaire dès que possible;
  Retirer les vêtements mouillés lorsque des vêtements secs ou une protection adéquate sont disponibles;
  Se protéger du vent et du froid;
  Se réchauffer progressivement;
  Surveiller l’apparition de signes d’hypothermie;
  Communiquer avec les services d’urgence lorsque l’état de la personne est préoccupant.

Une personne présentant une hypothermie importante doit être manipulée avec précaution et recevoir une assistance médicale.

L'auto-sauvetage commence avant la chute

La capacité à réagir en situation d’urgence dépend aussi de la préparation effectuée avant la sortie.

Le port d’un VFI ou d’une combinaison de flottaison adaptée aux activités en eau froide, des pics à glace facilement accessibles et un moyen de communication protégé de l’eau peuvent considérablement faciliter l’auto-sauvetage et l’attente des secours.

Connaître les gestes avant qu’une urgence survienne permet de consacrer les premières minutes à agir plutôt qu’à chercher quoi faire.

Quand c'est incertain, reste loin

Au Québec, l’hiver fait partie du quotidien. Dès les premiers froids, les paysages enneigés et les plans d’eau gelés deviennent des espaces privilégiés pour pratiquer une foule d’activités. Derrière cette beauté hivernale se cache toutefois un environnement naturel qui peut changer rapidement.